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« Pour le monde, je suis mort. Vous me pardonnerez, ce sera ma seule vanité : je suis assez fier de ma disparition. Je n’ai jamais perdu beaucoup de temps dans les conversations, les petites sorties ici où là pour voir à quoi tout cela pouvait bien ressembler. Je ne voudrais en rien connaître d’autres vies que celle-ci. Effacer jusqu’à mon nom sur les couvertures des livres. Ne plus chanter que la vie invisible, la très haute vie, celle qui me paraît qu’ils ne parviendront jamais à cadenasser, fut-ce sous les meilleurs prétextes »

Joel Vernet, L’oubli est une tâche dans le ciel, Fata morgana, 2020, p 58

« Le besoin d’île témoigne de cette volonté de projeter sur des lieux particuliers des aspirations existentielles, ici celle de la fuite du quotidien, lorsque celui-ci est perçu comme une prison, une entrave au rêve de liberté […] Sachant qu’une « île » peut être un village, une forêt, une rue, le sommet d’une montagne, un pays imaginaire, quelle est celle dont vous vous êtes appropriés ? Quelle est votre « île », votre terre promise ?

A-t-elle toujours été la même ? Ou bien en a-t-il émergé d’autres, tout au long de votre vie ?

Partagez-vous votre île avec d’autres, des êtres « élus », qui sont aussi un peu… votre île ? »

Antoine Bailly et Renato Scariatti, Voyage en géographie, Anthropos, 1999, p 71

« Saviez-vous que les arbres parlent ? ils le font pourtant ! ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit »

Tatanga Mani (1871-1967), indien Stoney, appelé encore Walking Buffalo, cité par Jacqueline Kelen dans Inventaire vagabond du bonheur, Albin Michel, 2008, pp 22-23