Photographes des lisières ?

Il est impossible de résumer en quelques mots des œuvres (démarches) aimées, de rendre hommage avec justesse à des artistes admirés… mais j’esquisse quand même un début d’inventaire (qui pourrait un jour devenir abécédaire ?)

Il y a les vagabonds, les poètes de la route, du monde ordinaire, faisant des lieux de passage un mode d’habiter : Bernard Plossu, Stephen Shore, William Eggleston, Lee Friedlander

Il y a les mystiques en quête de reflets et de lumières : Les Pyrénées de Jean Dieuzaide, l’Italie de Pierre de Fenoyl et Mario Giacomelli, les Rocheuses d’Ansel Adams, les routes pluvieuses d’Abbas Kiarostami

Il y a les chercheurs de l’absence, en quête de cités fantômes et de bords de mer hors-saison, révélant des lumières douces et parfois inquiétantes, toujours mélancoliques : Harry GruyaertJoel Meyerowitz, Wim Wenders, Jean-Loup Sieff

Il y a les documentaristes, sollicités pour parcourir le monde afin de l’inventorier et d’en révéler des réalités sociales et des évolutions paysagères. Ils portent un regard géo-photo-graphique en interrogeant notre urbanisme, notre rapport à la mémoire, nos comportements, nos modes de vie. Il y a le plus grand de tous, Walker Evans, mais aussi Paul Graham, John Davies, Raymond Depardon, Thierry GirardTodd Hido, Kristof Guez, Eric Tabuchi et Nelly Monnier

Il y a les explorateurs des lieux abandonnés, interrogeant aussi le monde au travers des ruines, qui rapportent des images entre poésie et critique politique : Vincent J. Stocker, Renaud Meffre et Marchand, Stefan Gregor et Matthias Maas (le projet Canfranc)…

Et puis, enfin, il y a les représentations du désir et de la solitude dans ces lieux où le temps semble suspendu. Les tableaux d’Edward Hopper, les clichés de Garry Winogrand, de Gregory Crewdson, le travail d’Ernesto Timor appartiennent peut-être au même univers…