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Le vide gagne les stations thermales et touristiques

Super-Bagnères

Deux édifices, deux générations, deux destinées, côte à côte.

Le grand hôtel de l’ancienne compagnie ferroviaire du Midi est devenu un centre de vacances et abrite un petit musée consacré au train à crémaillère qui grimpait jusqu’ici pour accueillir les premières clientèles de sports d’hiver au début du XXème siècle. Son architecture monumentale, intacte, témoigne encore du visage du tourisme aristocratique.

A sa gauche, « l’Aneto » a quelque chose du « Signal » de Soulac-sur-Mer, par sa physionomie typée des années 1960, par son destin aussi, sans doute. Le vent a commencé à prendre ses aises dans les longues travées desservant les studios…

La chambre vide

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Combien de gens ont dormi ici, entre le chant du torrent et le route qui mène au col ? Combien de jours faudra-t-il pour que le temps parvienne à sa fin ? Combien de nuits de neige avant que le manteau blanc ne recouvre le plancher de la chambre vide ?

Un jour, la pelleteuse viendra. J’évite désormais de regarder la silhouette de l’édifice mourant dans l’indifférence de l’agitation. De peur que la vie ne s’effondre.

Capvern-les-bains

La longue rue n’en finit pas de dévaler et de s’enfoncer dans une topographie en creux, alignant par dizaines ses façades d’immeubles trop modernes pour dégager un quelconque effet de grâce et de nostalgie « fin XIXème ». Villas modestes, commerces et hôtels vides, barres d’immeubles des années 60 repeintes en vert franc s’attachent à saper toute idée de gaieté, de passé glorieux ou d’avenir. Quelques dizaines de curistes trouvent encore la force de séjourner dans ce paysage triste et vide jusqu’au cœur de l’été. De ci de là, un papillon peint sur un mur, un chat derrière une fenêtre, une citation apposée sur une vitrine, un pot de fleur émergeant entre deux rideaux résonnent comme des signes d’une vie qui renonce à se retirer tout à fait.