Archives pour la catégorie SENSIBLES

Silhouettes familières, êtres souffrants… Je les croise au bord des routes et des chemins…

« Saviez-vous que les arbres parlent ? ils le font pourtant ! ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit »

Tatanga Mani (1871-1967), indien Stoney, appelé encore Walking Buffalo, cité par Jacqueline Kelen dans Inventaire vagabond du bonheur, Albin Michel, 2008, pp 22-23

Monts de Blond

« Là où le chemin creux s’enfonce dans le sous-bois, le monde se réenchante. D’où le tropisme des lisières chez tous nos chercheurs d’or. Le « rôdeur des confins », l’arpenteur des marches, l’ami du chien-et-loup (« ce qui n’est déjà plus dans l’ombre et pas encore la proie », disait Breton) ne peut qu’avoir des antennes avec le merveilleux. Le familier des bordures l’est aussi du Graal et des champs magnétiques. Borderline et nez au vent, les surréalistes ont ouvert les fenêtres de la maison Descartes »

Régis Debray, Éloge des frontières, Folio, 2013, p 60