Archives pour la catégorie PARADIS PERDU

Lesponne, paysage avec figures absentes…

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« Je marche loin, jusqu’au torrent émeraude / en fredonnant des chansons / assis, je regarde les nuages blancs surgir / des cimes déchiquetées / pitoyable celui qui recherche renom et richesse / dans ce monde flottant/ toute sa vie gaspillée à courir dans le vent / et la poussière »

Ryôkan (XVIIIème siècle), dans Hervé Collet et Cheng Wing Fu,  « Ryôkan, moine errant et poète », Albin Michel, 2012, p 65

« Sur la petite route qui grimpe les pentes du massif montagnard, les courbes qui se suivent, les variations de la lumière à travers les frondaisons, celles successives de l’odeur des sous-bois, la flagrance résinée des aiguilles de pin dans la chaleur montante ne sont que peu dicibles en mots. Le monde connu, en cette itinérance, ciel, montagnes, vallées, est une expérience du corps propre, lequel inclut sa monture mécanique. Ce que l’on attendait des lumières de la philosophie en vain, s’obtient tacitement dans le monde qui s’éprouve. La lumière de la pensée n’éclaire rien, ou si peu, quand il s’agit de vivre »

Antoine Marcel, Ma vie dans les monts, Arléa, 2018, pp 27-28

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« Il n’est pas possible […] de séparer la topographie et le sentiment dont elle serait le théâtre : le lieu est précisément leur unité, il est l’entité constituée, dans le cours d’une existence, par l’endroit et l’émotion. Ce qu’on appelle lieu n’est pas autre chose que le-lieu-d’une-vie, le lieu vécu. Une approche du lieu qui serait seulement géométrique ou topographique serait insuffisante, et elle laisserait échapper son objet »

Jean-Marc Besse, Habiter un monde à mon image, Flammarion, 2013, p 195