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Les forces de l’univers

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Quiconque a vécu, pendant longtemps, dans la sueur des midis laborieux et sous les étoiles de la nuit, un hôte des monts et des forêts, un vieux campagnard honnête est, en fin de compte, en étroite communion avec les forces de l’univers et en amitié féconde avec son Dieu tout proche […] Sa religion n’est point fondée sur un choix d’arguments, elle est la poésie de l’expérience humaine, la philosophie de l’histoire de sa vie

Robert Louis Stevenson, Voyages avec un âne dans les Cévennes, (1879), éd. 10/18, 2003, p 167

 

Rêver

 

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Rêver
Sur le bord de la rive
Revenu de partout
Et n’aller nulle part
Être celui qui reste
Au milieu des départs
Et n’attendre personne
De ceux qui arrivent

Rêver
Sur le bord de la rive
Faire le tour de monde
Sans quitter son île
Les mains pleines de vent
Et le corps immobile
Et retenir le temps
Que les autres poursuivent

Rêver
Sur le bord de la rive
Y avoir sa maison
Ses arbres, ses amis
Ne plus être cigale
En ce monde fourmi
Et ne plus gaspiller
Sa peine et sa salive

Rêver
Sur le bord de la rive
Regarder les bateaux
Qui s’en vont quelque part
Être celui qui reste
Au milieu des départs
Parmi tous les vivants
Et les morts qui survivent

Rêver

Georges Moustaki, Rêver, extrait de l’album Méditerranéen, Polygram, 1992

 

J’aurais pu vivre ici

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Souvent, j’ai pensé que j’aurais pu vivre ici, entouré de choses simples, de hauts pâturages où l’air vous offre toutes les chances. Que j’aurais pu apprendre à m’égarer au coin d’un bois sans courir le monde dans l’espoir d’éprouver une totale ivresse

Joël Vernet, Au bord du monde, Ed. du Laquet, 2001, p 30

 

Hallucination

Le ciel est-il gris et bas, les éléments semblent se confondre. Lambeaux de nuages, monticules neigeux, ne se distinguent plus les uns les autres ; on croirait flotter dans l’espace infini ; on n’appartient plus à la terre. […] Et quand à la fin de la course effrénée, on arrive à la base de la montagne, dans les plaines déjà dépourvues de neige ou saupoudrées à peine, quand on respire une autre atmosphère et que l’on voit une nature nouvelle sous un autre climat, on se demande si vraiment on a pas été le jouet d’une hallucination, si l’on a réellement parcouru les neiges profondes, au-dessus de la région des nuées et des orages

Élisée Reclus, Histoire d’une montagne, (1875), In Folio, 2011, pp 93-94