Archives pour la catégorie MONTS DE BLOND

Chemins amis, chemins sans fin

L’absence

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Je me souviens de l’épagneul breton qui aboyait dans la grange, d’une silhouette à peine perceptible dans la maison à la porte toujours entrouverte. Un jour, je n’ai plus entendu le chien à mon passage. Les volets étaient clos. Une partie de la bâche en plastique formant la serre a été arrachée par un coup de vent. La chaise a été projetée par terre. Depuis, il reste des herbes folles qui se disputent chaque printemps avec d’ultimes rejets de plants de jardin. Il reste l’absence.

Monts de Blond

« Là où le chemin creux s’enfonce dans le sous-bois, le monde se réenchante. D’où le tropisme des lisières chez tous nos chercheurs d’or. Le « rôdeur des confins », l’arpenteur des marches, l’ami du chien-et-loup (« ce qui n’est déjà plus dans l’ombre et pas encore la proie », disait Breton) ne peut qu’avoir des antennes avec le merveilleux. Le familier des bordures l’est aussi du Graal et des champs magnétiques. Borderline et nez au vent, les surréalistes ont ouvert les fenêtres de la maison Descartes »

Régis Debray, Éloge des frontières, Folio, 2013, p 60
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« Se promener dans un parc ou en forêt, trouver un endroit calme et m’allonger sur le dos quand je suis fatigué : voilà les grands plaisirs que je m’accorde. Regarder les arbres qui se dressent au-dessus de moi et me détendre. Au Japon, on a donné en 1982 un nom à cette pratique : shinrin-yoku. C’est-à-dire « bain de bois ». C’est une thérapie, aussi nommée sylvothérapie, pour se relaxer. Nos cinq sens peuvent être satisfaits : le son des oiseaux, l’odeur de l’air pur, la vue des feuilles vertes, la proximité physique avec les arbres, les plantes, la mousse et l’herbe, le goût des baies et des champignons »

Erling Kagge, Pas à pas, Flammarion 2018, pp 48-49, p 122