Une situation intermédiaire

Le regard géographique est dans une situation intermédiaire qui se situe entre l’expérience médicale et l’expérience lyrique, dans une sorte d’intersection vide d’intentionnalité, d’où le va-et-vient qui conduit à une description qui se voudrait scientifique mais qui, pour de multiples raisons, ne renonce pas au lyrisme Claude Raffestin, Géographie buissonnière, Héros Limite géographie(s), p 87

Ce vide fondamental

« Je ne sais si, comme le prétend le dicton, la nature abhorre le vide, mais je suis convaincu que l’homme, lui, adore tout ce qui […] l’éloigne, le divertit de son face à face avec sa vacuité interne, sa vacuité d’être, ce vide fondamental, cet espace infrangible, inestimable qui l’habite et le fait tenir. Qui…

Le lac d’Ourrec

Après le plateau d’Herraou, le chemin s’est soudain élevé pour gagner la forêt. Encore carrossable un instant, il s’est vite transformé en sente tournoyant autour des racines de hêtres, franchissant quelques filets d’eau, se faufilant jusqu’à disparaître dans les tapis de rhododendrons. Et puis une porte invisible s’est ouverte en haut de la cascade du…

Accepter de fuir

« Accepter de fuir le monde et résider dans ses marges, en s’effaçant, peu à peu, dans le paysage » Rémy Oudghiri à propos d’Emmanuel Bove, Petit éloge de la fuite hors du monde, Arléa, 2017, p 108

La blancheur

« La blancheur est un engourdissement, un laisser tomber né de la difficulté à transformer les choses. Dans cet univers de maîtrise qui s’impose dans l’ambiance de nos sociétés néolibérales, elle est une paradoxale volonté d’impuissance. Cesser de vouloir contrôler son existence et se laisser couler. Elle est une recherche délibérée de la pénurie dans le…

M’échapper

« Je voulais à tout prix m’échapper, soit pour mourir, soit pour retrouver dans la solitude, ma force et le calme de mon esprit » Élisée Reclus, Histoire d’une montagne, Actes sud/Babel, 1998, p 15