« Pour le monde, je suis mort. Vous me pardonnerez, ce sera ma seule vanité : je suis assez fier de ma disparition. Je n’ai jamais perdu beaucoup de temps dans les conversations, les petites sorties ici où là pour voir à quoi tout cela pouvait bien ressembler. Je ne voudrais en rien connaître d’autres vies que celle-ci. Effacer jusqu’à mon nom sur les couvertures des livres. Ne plus chanter que la vie invisible, la très haute vie, celle qui me paraît qu’ils ne parviendront jamais à cadenasser, fut-ce sous les meilleurs prétextes »

Joel Vernet, L’oubli est une tâche dans le ciel, Fata morgana, 2020, p 58