A l’orée d’un champ

Je n’ai même plus besoin d’y penser, je me surprends désormais à tourner la tête sans même être conscient que j’amorce la grande descente près de laquelle elle repose. Elle gît ici depuis près de deux ans, je crois, à l’orée d’un champ toujours cultivé. On pourrait même, de loin, penser qu’elle va reprendre du service. Mais il y a des indices : les trainées noires sur la toiture, la couleur délavée de la carrosserie (dont les inscriptions ont fini par tomber). Au pied de l’engin, les genêts viennent discrètement se tapir entre les grilles. Le végétal sait qu’il ne risque désormais plus rien.