La maison m’attend

17 août, 19h – Encore une fois, la vallée d’Aure a pris l’allure d’un couloir à camions d’où je suis rentré exténué. Il a fallu prendre part au flot incessant de véhicules, rester patient dans ce trafic où se perçoit (et se signale parfois) l’exaspération des chauffeurs. J’ai dû renoncer à mon rythme, rester concentré dans les traversées de bourgs et sur les tronçons aux limitations de vitesse changeantes. Et puis j’ai enfin pris le rond-point : direction l’île des Baronnies

D’un mètre à l’autre, le monde a changé radicalement ; je suis entré dans le royaume, au col de la Coupe. Un vieux 4×4 a fait irruption pour se trainer à 30 km/h jusqu’à Esparros, sans agressivité, presque gêné. La même scène s’était jouée ce matin lorsqu’un pépé regardant tranquillement ses champs me découvrait soudain dans le rétroviseur de sa fourgonnette.

Désormais, je ne croise et ne suis plus personne. Je me livre au paysage. Au sud, l’immense masse forestière délimite l’horizon et m’offre sa protection. La maison m’attend.