Je respirais mieux sous ce ciel

« Ainsi, sans que je l’eusse voulu ni cherché, c’était bien une patrie que je retrouvais par moments, et peut-être la plus légitime : un lieu qui m’ouvrait la magique profondeur du Temps. Et si j’avais pensé le mot « paradis », c’était aussi, probablement, parce que je respirais mieux sous ce ciel, comme quelqu’un qui retrouve la terre natale. Quand on quitte la périphérie pour se rapprocher du centre, on se sent plus calme, plus assuré, moins inquiet  de disparaître, ou de vivre en vain »

Philippe Jaccottet, Paysages avec figures absentes (1970), Gallimard, coll. Habiter le monde poétiquement, 2019, pp 30-31