C’est la même heure

On a buté sur des pentes, cherché le passage dans des encaissements, franchi des ponts sur l’eau coureuse, passé dans l’ombre, croisé des hêtres, deviné, de quelques crête, avant de retomber, l’épais sourcil des sapins sur l’horizon. Puis la route sinueuse, penchée, s’est redressée. C’est la même heure et la même saison. Et pourtant, les dispositions riantes nées, l’instant d’avant, des blanches esplanades, des verges ployants, des moissons, ont pris un caractère inconvenant. Tout dément l’heure gaie à laquelle on s’abandonnait.

Pierre Bergounioux, Un peu de bleu dans le paysage, Verdier, 2001, pp 67-68

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