Ce vide fondamental

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« Je ne sais si, comme le prétend le dicton, la nature abhorre le vide, mais je suis convaincu que l’homme, lui, adore tout ce qui […] l’éloigne, le divertit de son face à face avec sa vacuité interne, sa vacuité d’être, ce vide fondamental, cet espace infrangible, inestimable qui l’habite et le fait tenir. Qui gît et s’étend incommensurablement au fond de lui-même et qu’il n’ose approcher. De peur de choir ou de déchoir. De crainte de lui céder du terrain. C’est sans doute pour cette raison qu’il a déclaré la guerre à la terre, à la mer et au ciel. Et à lui-même. Et qu’il en est ravi »

Patrick Mialon, Désir d’Aubrac, Le temps qu’il fait, 2018, pp 20-21