Le lac d’Ourrec

Après le plateau d’Herraou, le chemin s’est soudain élevé pour gagner la forêt. Encore carrossable un instant, il s’est vite transformé en sente tournoyant autour des racines de hêtres, franchissant quelques filets d’eau, se faufilant jusqu’à disparaître dans les tapis de rhododendrons. Et puis une porte invisible s’est ouverte en haut de la cascade du jeune Adour. L’horizon jusqu’alors étroit et bruyant a laissé place au silence du plateau glaciaire à peine troublé par le murmure du ruisseau serpentant dans les pelouses. Le lac d’Ourrec apparait, à peine caché par un monticule.

Ici, les siècles ont passé et rien n’a pourtant changé. Le temps n’est scandé que par le bal de nuages, que par les déplacements saccadés d’un troupeau de brebis. Juste des champs de pierres, juste les mêmes lumières, aux mêmes saisons, familières, amies, rassurantes.