Le bleu nuit de Chorifton

Il est 15h, le soleil de février est déjà presque chaud sur la place de Zagora. Il a fallu depuis Volos négocier des centaines de virages, franchir le col de Xania puis dévaler parmi les vergers de pommiers. Quelque chose s’est passé en basculant sur le versant Nord-Est, une couleur est apparue dans l’horizon. C’est un bleu nuit, le bleu de la mer Egée plongée dans l’ombre d’une après-midi d’hiver.

La route qui dévale jusqu’à la station de Chorifton accompagne ce sentiment d’entrée dans un monde autre, teinté d’étrangeté, à la fois fascinant et inquiétant. Les rebords de la chaussée en béton n’ont pas résisté aux épisodes de pluies méditerranéennes. Au bout d’un ultime virage en épingle, le parcours s’achève dans un paysage à mille lieux de l’imaginaire balnéaire. C’est un littoral presque hostile, marqué par des traces d’intempéries, par des crues de torrents qui déboulent sauvagement dans la mer, par des carcasses de barques projetés après une tempête. Le rivage est un champ de pierres blanches dominé par quelques escarpements rocheux où poussent des arbres esseulés.

Une chapelle aux murs blancs et aux toits de lauzes est tapie dans la pénombre, entre chien et loup. Elle semble vouloir signifier la fin du monde, annoncer un autre ciel. Ici s’arrêtent la terre ferme et les certitudes de l’ici-bas.

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