La lumière, la chaleur, le calme

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« Aujourd’hui, même les plus éminents analystes ne peuvent rendre à l’homme ce qu’il a perdu. Il devrait y avoir chaque année un congrès rassemblant les médecins à Epidaure. Mais il faudrait d’abord les soigner eux-mêmes ! Et voilà l’endroit ad hoc. Pour commencer, je leur prescrirais un mois de silence total et de relaxation. Je leur ordonnerais de ne plus penser, ni parler, ni élaborer des théories. Je laisserais le soleil, la lumière, la chaleur, le calme leur faire tout le mal possible. J’attendrais que cette étrange solitude commencer à les perturber un peu. Je les sommerais d’écouter les oiseaux, le tintement des clochettes que portent les chèvres, ou le murmure des feuilles. Je les ferais s’asseoir dans le grand théâtre pour méditer – pas sur les maladies et leur prévention, mais sur la santé, qui est la prérogative de tout homme. J’interdirais les cigares, les gros cigares noirs de l’école freudienne et, par-dessus tout, les livres. Je recommanderais que l’on cultive un état de suprême et bienheureuse ignorance. Je donnerais à chacun une petite chaîne de perles, gratis. Et du raisin chauffé au soleil. Puis je ferais venir un berger, qui jouerait quelques notes anatoliennes, à la volée, sur une flûte de fortune… »

Henry Miller, Premiers regards sur la Grèce, (1973), Arléa, 2010, p 27

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