Moments sans intention

Thiers 328

« Je veux parler de ces jours de brouillard – de demi-brouillard exactement, de temps bleak -, où les carrefours deviennent incertains, et de même les tracteurs et les tas de bois le long des routes. Immobilité inutile, moments sans intention ne renvoyant qu’à eux-mêmes et à l’instant de leur rencontre. Les choses simplement sont là, pour qui, on ne le sait pas, le décor est vaguement hostile, contraire plutôt. Il n’y a que de la routine à observer, de « l’infra-ordinaire » aurait dit Gorges Pérec, du déjà vu à revoir encore »

Martin de la Soudière, Poétique du village, Stock, pp 179- 180