Rien ne se passera jamais

« On a dépassé depuis longtemps les derniers hameaux, quelques maisons aux toits d’ardoise enfouies dans les sapinières puis les derniers sapins. On s’avance à travers la bruyère et l’ajonc. Il ne s’est jamais rien passé ici. Rien ne se passera jamais. Le ciel est d’un bleu cru, acide. On peut caresser le rude pelage de la planète, son échine de granit. Nul bruit ne trouble le silence. On comprend. C’est dans l’air qu’on respire, la lumière vive, lustrale dont on est baigné. On sait et cela, de surcroît va de soi. Nous avons un court instant à passer. Nous sommes ce fugitif émoi en présence des choses »

Pierre Bergounioux, Un peu de bleu dans le paysage, Verdier, pp 46-47

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