La blancheur

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« La blancheur est un engourdissement, un laisser tomber né de la difficulté à transformer les choses. Dans cet univers de maîtrise qui s’impose dans l’ambiance de nos sociétés néolibérales, elle est une paradoxale volonté d’impuissance. Cesser de vouloir contrôler son existence et se laisser couler. Elle est une recherche délibérée de la pénurie dans le contexte social de la profusion des objets ; une passion de l’absence dans un univers marqué par une quête effrénée de sensations et d’apparence ; un souci de dépouillement là où l’ambiance sociale est hantée par l’emprise des technologies et l’accumulation des biens ; une volonté d’effacement face à l’obligation de s’individualiser. Paradoxale préférence du moins au détriment du plus. A l’hypervigilance requise pour continuer à exercer son autonomie, il adopte a minima le degré de la conscience. Il ne souhaite plus communiquer ni échanger, ni se projeter dans le temps, ni même participer au présent, il est sans désir, il n’a rien à dire. Il préfère voir le monde d’une autre rive »
David La Breton, Disparaître de soi, une tentation contemporaine, Métailié, 2015, p 19
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