Tropisme des lisières

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« Rien ne peut faire qu’il y ait du frisson au bout de l’allée, une ile de Cythère à l’horizon de l’embarcadère. Là où le chemin creux s’enfonce dans le sous-bois, le monde se réenchante. D’où le tropisme des lisières chez tous nos chercheurs d’or. Le « rôdeur des confins », l’arpenteur des marches, l’ami du chien-et-loup (« ce qui n’est déjà plus dans l’ombre et pas encore la proie », disait Breton) ne peut qu’avoir des antennes avec le merveilleux. Le familier des bordures l’est aussi du Graal et des champs magnétiques. Borderline et nez au vent, les surréalistes ont ouvert les fenêtres de la maison Descartes »

Régis Debray, Éloge des frontières, Folio, 2013, p 60